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Balle au centre

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J’ai enfin vu « Match Point », écrit et réalisé par Woody Allen. Ce film a obtenu : César, Golden Globe, Goya et Oscar pour son scénario original (entre autre). Je n’ai pourtant pas pu m’empêcher de repenser au livre « Le démon » d’Hubert Selby.

La trame est identique : un jeune arriviste va connaître à la fois une progression sociale fulgurante et être rongé de l’intérieur par une cupidité qui le pousse à la luxure. Le modèle est peut être usé après des monuments tels que Rastignac ou autres Barry Lyndon et les éloges sont peut être démesurées mais le film ne manque pas de consistance.

Un point pour Hubert Selby

La déchéance du personnage Chris Wilton incarné par Jonathan Rhys-Meyers est moins intense que celle d’Harry White dont l’auteur a retranscrit la folie jusqu’en faisant évoluer sa syntaxe. La démence de son protagoniste semble sans fin et le malaise est palpable. La chute est si vertigineuse que l’on appréhende la fin.

Un point pour Woody Allen

Le réalisateur qui nous avait habitué à des comédies légères, amène une pointe de philosophie. Il mêle à la décente aux enfers de ses personnages la notion de hasard illustrée par la balle de match. Les rencontres, les séparations et les actes inconscients scellent le destin de chacun. Le retour des morts à la fin a quelques chose de Shakespearien. On regrettera peut être la façon incongrue dont le protagoniste cite Sophocle (Echapper à la naissance, c’est sans doute la plus grande des chances) pour exprimer l’absurdité tragique de sa situation.

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